Faut-il avouer son ignorance à ses patients ?

La confiance, d’accord, mais c’est quand même ce qui fait les cocus

Jovette-Alice Bernier

Annoncer à mon entourage, à mes amis ou relations professionnelles mon retour à la médecine générale les à souvent entraînés à évoquer avec moi leur relationnel avec leur médecin généraliste.

Le besoin de confiance dans son médecin fut l’un des thèmes récurrents, exprimé chaque fois de cette manière : « j’ai vraiment apprécié le jour où mon médecin m’a dit : alors là je ne sais pas, je n’ai aucune idée de ce dont il s’agit… ». Suivait alors la description de la prise en charge subséquente (j’aime bien le placer celui-là). Puis la conclusion : « mon médecin est super car il sait quand il ne sait pas. »

(Je passe sur le message subliminal : pense toi aussi à t’inspirer de cela le jour où ce sera à ton tour de jouer au docteur. Merci.)

Non seulement cette anecdote est revenue souvent mais je n’ai à peu près rien entendu d’autre concernant la question de la confiance en son médecin. Si peut-être une fois où l’autre un souvenir de diagnostic réussi genre « il m’a sauvé la vie, la vue, la jambe… « , au choix. Mais beaucoup plus rarement.

Les gens ne sont pas bêtes. Ils savent bien que leur médecin ne peut pas tout savoir. L’entendre dire qu’il ne sait pas renforce la confiance qu’ils ont dans ses analyses, recommandations, prescriptions, bref dans ce qu’il sait.

S’il sait ce qu’il ne sait pas, alors quand il dit qu’il sait je peux avoir confiance. Mais s’il me donne l’impression de toujours tout savoir, alors là ça m’inquiète.

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