Pourquoi les chiffres de mortalité grippale sont incompréhensibles

La grippe est une tueuse, il n’y a aucun doute. C’est une salope en plus, elle tue les plus faibles. Voilà c’est dit. Mais combien ?

Chaque épidémie voit ressortir les chiffres les plus extravagants qui varient de 1 à 15, à tel point que même notre ministre de la santé n’ose plus en citer et parle maintenant de nombreux décès dus à la grippe. C’est également le parti pris par le HSCP (Haut Conseil de la Santé Publique) qui fait le tour de force, dans son rapport sur la grippe et la vaccination de 2014, de ne citer aucun chiffre de mortalité de la grippe en France (avec quand même un chapitre qui s’intitule Données françaises sur la morbidité et la mortalité de la grippe saisonnière !). Y-aurait-il anguille sous roche ?

La grippe tue-t-elle 18 300 personnes par an ?

Le chiffre qui circule le plus cette année c’est 18 300 morts, repris sans vergogne et sans vérification même par les titres de presse soit disant sérieux comme Le Monde : “Alors que l’épidémie de l’hiver 2014-2015 avait conduit à une surmortalité de 18 300 personnes, dont 90 % chez des plus de 65 ans…”

La relation de cause à effet est entendue : il y a une surmortalité saisonnière, et elle est due à l’épidémie.

Clarifions

Ce chiffre provient du bilan de l’épidémie 2014-2015 dressé par l’INVS :

L’estimation de la surmortalité toutes causes, extrapolée à l’échelle nationale, a été de 18 300 décès pendant l’épidémie de grippe. L’excès de mortalité s’est concentré essentiellement chez les personnes âgées de plus de 65 ans et a touché l’ensemble des régions métropolitaines. Il s’agit de l’excès de mortalité le plus élevé depuis l’hiver 2006-2007. Une partie importante de ces décès, dont l’estimation est en cours, est due à la grippe. (quand c’est souligné c’est moi qui souligne)

Et du coup François Bourdillon, le Directeur de cet institut prend la plume dans un vibrant éditorial en faveur de la vaccination :

Le bilan de la mortalité de l’hiver 2014-2015 indique une surmortalité toutes causes de l’ordre de 18000 décès au cours de l’épidémie grippale, dont une large partie est probablement attribuable à la grippe. C’est considérable !

Considérablement probablement effectivement.

J’ai beau chercher, je ne trouve pas l’estimation promise plus haut. Je trouve par contre dans le document à télécharger ici cette intéressante courbe (et cette intéressante phrase : Cet excès de mortalité est lié à la grippe et à d’autres facteurs hivernaux) :

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Voilà la notion essentielle : la surmortalité saisonnière toutes causes ou surmortalité hivernale dont on nous dit comme on peut sans le dire qu’elle est due à la grippe tout au moins probablement en grande partie vous allez pas chipoter quand même.

Chipotons

Les épidémiologistes observent de longue date une surmortalité en hiver dans les villes aux USA et en Europe. Elle peut-être exprimée comme le pourcentage au-delà de l’attendu (défini comme la mortalité moyenne au printemps et à l’automne) pour les mois de décembre à mars. Dans un long article publié en collaboration avec l’INVS “La mortalité hivernale va-t-elle diminuer avec le changement climatique ?”, on est très loin d’établir le fait, si facilement repris par les médias que la grippe est la cause de cette surmortalité. Quelques extraits :

  • En janvier 2009, une augmentation significative de la mortalité a été observée chez les plus de 95 ans, et pourrait être en partie liée au froid et aux infections saisonnières
  • Les études sont descriptives et ne donnent pas d’informations quantitatives claires sur le rôle des températures basses comparé à celui des maladies infectieuses, ni sur les principaux facteurs de risque.
  • Une étude américaine s’est intéressée aux tendances du ratio de la mortalité hivernale à la mortalité estivale entre les années 1930 et les années 1990 [43]. Une baisse de ce ratio a été observée au milieu du siècle, suivie par une augmentation à partir des années 1970. Les auteurs font l’hypothèse que cette dernière augmentation pourrait être liée à une diminution de la mortalité due à la chaleur en été, compte tenu de l’augmentation de la prévalence de la climatisation au cours de cette saison.
  • L’interprétation de toutes ces associations statistiques serait facilitée s’il existait une bonne compréhension des mécanismes de l’effet hivernal saisonnier et/ou de l’effet des températures basses. En réalité, ces mécanismes ont fait l’objet de nombreux débats dans la littérature et deux théories s’opposent. La première suggère que les températures basses ont des effets directs sur le risque cardiovasculaire via un épaississement du sang et une augmentation des facteurs de coagulation, conduisant à des thromboses. De plus, les températures basses seraient associées à un air sec pouvant augmenter le potentiel infectieux d’organismes comme le virus de la grippe.  L’autre théorie émergente est que les maladies infectieuses, et particulièrement les infections respiratoires, sont élevées en hiver pour plusieurs raisons, et provoquent l’augmentation des inflammations et du risque cardiovasculaire. Il est certain que les infections respiratoires sont fréquentes en hiver, la grippe en étant l’exemple le plus frappant et le plus significatif…

Mais il est bon de ressortir ce chiffre chaque fois que l’on veut encourager les campagnes de vaccination comme dans ce document émis par le Ministère de la Santé en novembre 2015, destiné aux professionnels de la santé et dans lequel on appréciera la subtilité de la nuance dans la dernière partie de la phrase :

Si la mortalité attribuée à la grippe a globalement diminué au cours des dernières décennies, la saison grippale 2014- 2015 a été marquée par une surmortalité (18 300 décès supplémentaires), dont une partie peut être attribuée à la grippe.

Et un peu plus loin on précise :

D’après les estimations de l’Institut de veille sanitaire, la grippe saisonnière serait responsable en moyenne chaque année de 9 000 décès essentiellement chez les seules personnes âgées de 65 ans et plus.

Je résume : le chiffre de 18 300 qui fait peur n’est pas celui de la mortalité due à la grippe mais celui de la surmortalité hivernale en 2014-2015. On ne sait pas à ce jour quantifier ni préciser avec certitude les causes de la surmortalité hivernale.

La grippe tue-t-elle 9000 personnes par an ?

Bon on est parti de 18 300 clamés par les médias à 9000 clamé par l’INVS. Déjà on a baissé de moitié.

Alors je remet ma casquette de spéléologue et je m’empresse de rechercher sur le site de l’INVS d’où il vient ce chiffre. Et là je tombe sur ce rapport qui essaye de calculer combien de morts on pourrait éviter si toutes les personnes à risque étaient vaccinées. Pour ce faire bien entendu, il faut avoir un nombre de décès attribuables à la grippe. Et voici, devant vos yeux esbaudis, comment l’INVS calcule ce chiffre (accrochez-vous un peu quand même) :

Décès attribuables à la grippe

Au cours des 9 années (2000- 2009) et pour chaque semaine civile d’étude (de la semaine 1 à la semaine 52), nous avons comparé le nombre moyen de décès toutes causes se produisant les années où la semaine d’étude était incluse dans l’épidémie de grippe et ce même nombre les années où la semaine d’étude ne l’était pas (tableau 1). Il a été supposé que la différence entre ces deux nombres était due à la grippe*. Nous avons additionné les différences hebdomadaires pour obtenir le nombre moyen annuel de décès attribuables à la grippe. *c’est moi qui souligne

L’INVS précise quand même :

Si d’autres épidémies suivent la même périodicité que la grippe saisonnière, notre estimation des décès attribuables à la grippe aura probablement été surestimée… Cela peut être le cas pour les maladies qui partagent les mêmes déterminants météorologiques que la grippe (infections à VRS, infarctus du myocarde…) (j’adore les 3 petits points qui évitent de faire une liste plus complète).

Pour autant pas de remise en question, pas de citation de l’article vu plus haut qui explique par A+B qu’on ne sait pas expliquer la surmortalité saisonnière.

Ils préfèrent citer deux autres études qui confortent leurs chiffres :

La première a donné des estimations de 7 670 décès annuels dans le groupe d’âge des personnes de 75 ans et plus, de 1980 à 1990. La seconde a estimé un nombre de décès s’élevant à 11 000 au cours des saisons où la grippe A(H3N2)** était dominante et à 1 370 décès les saisons où la grippe A(H3N2) ne l’était pas dans le groupe d’âge des 65 ans et plus, de 1997 à 2009. **pas de bol c’est le virus de l’épidémie en cours.

Je résume : On serait à une moyenne maximale de 9000 décès par an attribuables à la grippe, avec une majorité chez les plus de 65 ans, avec des plus et des moins selon le virus dominant de l’année. Ce chiffre est une estimation basée sur des suppositions. Mais c’est le chiffre officiel

La grippe tue-t-elle moins de 1000 personnes par an ?

Mais alors me direz-vous, pourquoi ne compte-t-on pas les décès dus à la grippe un par un ? Et bien il y a des gens qui le font. Ils s’appellent le CépiDc et centralisent tous les décès et leurs causes en France à partir des motifs indiqués par les médecins sur les certificats de décès. Et leurs statistiques sont publiques, on peut les trouver ici.

Là les chiffres sont d’un ordre de grandeur tout à fait différent. Pour vous éviter du travail j’ai été chercher ceux des dix dernières années connues :

2005 988
2006 117
2007 232
2008 288
2009 488
2010 124
2011 317
2012 754
2013 684
2014 317

moyenne = 431

Ces chiffres, je me répète, comptabilisent tous les certificats de décès sur lesquels le médecin a mis “grippe” comme cause de décès. Point de supposition statistique ici. Du comptage pur et dur. Et le CépiDc comptabilise tous les certificats de décès. Il n’y en a point qui lui échappent.

Cela veut dire que sur les certificats de décès de tous ceux qui sont morts de la grippe pour l’INVS mais pas pour le CépiDc il n’y a pas marqué “grippe”.

Qu’y-a-t-il donc de marqué alors me demandera le lecteur attentif qui a réussi à tenir jusqu’ici ?

Comment se fait-il que des gens meurent de la grippe et qu’on inscrive une autre cause sur leur certificat de décès ? Et ce dans (9000 – 431)/9000 = 95% des cas !

A ben là j’en sais fichtrement rien. Infarctus ? Embolie pulmonaire ? syndrome de détresse respiratoire aiguë ? Pneumopathie aiguë communautaire ou pas ? Je vous laisse imaginer ce que vous voulez.

Voilà. Entre les 9000 de moyenne de l’INVS et les 431 de moyenne du CépiDc (j’oublie les 18200 de la presse) il y a un écart assez abyssal. Tellement abyssal que même notre ministre de la santé n’ose plus poser un chiffre sur la table dans ses communiqués de presse.

Et ça peut paraître incroyable, mais en 2017 on ne sait pas combien de personnes tue la grippe. Mais au moins on a compris pourquoi les chiffres les plus variés circulent.

 

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35 réflexions au sujet de « Pourquoi les chiffres de mortalité grippale sont incompréhensibles »

  1. Excellent billet.

    Je m’étais fait la même réflexion en 2015 et avais écrit ceci :
    http://hippocrate-et-pindare.fr/2015/03/19/la-vie-est-un-long-fleuve-tranquille/

    Une seule conclusion à tout cela : seule la communication importe.
    La « vérité », les « mensonges » les approximations, tout cela sont des foutaises, il faut communiquer dans le sens du message que l’on veut faire passer : la grippe c’est grave, il faut consulter, il faut se faire vacciner.
    Au diable toutes autres considérations.
    Comme a dit un homme politique candidat à la présidentielle (JL MELENCHON) : Vacciner d’abord, réfléchir ensuite.

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  2. Bel article qui montre (comme pour le dépistage organisé du cancer du sein l’ignorance de nos experts).
    J’avais écrit un article de ce genre en 2011 : http://docteurdu16.blogspot.fr/2011/10/la-mortalite-151-deces-pour-2010-2011.html mais je ne retrouve pas celui que j’avais écrit en comparant les différentes façons de comptabiliser les décès (à partir d’un article anglais).
    Cela devient désespérant : les MG comprennent mieux que les experts.
    Merci JBB

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    • Tu es gentil de dire proche : beaucoup plus complet et documenté est le terme juste ! Et une très belle démonstration de la manipulation des infos en fonction de l’objectif de comm !

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  3. Cela traduit aussi la misère de nos systèmes d’alertes sanitaires publiques, absence de vrais registres de santé exhaustifs, absence d’études de morbidité et de mortalité basés sur des cohortes avec nécropsies, absence de critères et de contrôle de la rédaction des certificats de DC, absence d’indépendance et de rigueur scientifique des experts en santé publique aux ordres de leur tutelle qui fait dire ce qu’elle veut aux chiffres statistiques sans réagir.

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    • J’ai été consterné en cherchant de l’info sur le site du CépiDc de voir l’incurie du site. On nous livre les données brutes certes mais sans aucun appareil critique ni analyse. Ce lieu qui pourrait générer une information riche est un pur enregistreur de données non vérifiées

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  4. Problème avec les certificats de DC. La cause du DC est rarement marquée grippe car le + souvent c’est défaillance cardiaque ou multiviscérale etc.
    Je n’arrive pas à trouver une analyse avec le deuxième item, c’est à dire maladie ayant contribué à l’état final qui a entrainé le DC. Et là, il devrait y avoir la grippe plus souvent.
    Mais je cherche probablement mal.
    Histoire perso, un membre de ma famille DCD de la grippe, exceptionnelle myocardite grippale, a eu comme cause du DC défaillance cardiaque sur le certificat.

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    • Tout à fait. Mais on a pas l’impression que les travaux épidémiologiques cherchent à améliorer cela. Peut-être parce que les certificats sont remplis par des médecins et que ce n’est pas aussi fiable que des modèles mathématiques pour nos élites ?

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  5. Gonflement mensonger des statistiques concernant la grippe comme cause de la mort. Question : à qui profite le crime ? Je vous le donne en mille : Big Pharma (business vaccinal) et à sa remorque les campagnes effrénées pour enjoindre les gens à ce faire vacciner alors que, le saviez-vous ? il y a ce constat du Sénat français (« COMPTES RENDUS DE L’ OFFICE PARLEMENTAIRE D’ÉVALUATION DES POLITIQUES DE SANTÉ ») : « Le député qui présidait une table ronde sur la vaccination en France, le 6 juin dernier [2007] au Sénat, estime « QU’IL N’EXISTE PAS DE PREUVE SCIENTIFIQUE SUR L’UTILITÉ DES VACCINS’ ». Ce seul constat aurait dû alors faire adopter (notamment) par la France une attitude plus cohérente, mais on est loin du compte ! (Cf. http://www.senat.fr/bulletin/20070604/sante.html). Le député en question n’est autre que Dr Jean-Michel Dubernard, chirurgien réputé et membre du collège de la « Haute Autorité de Santé » (depuis 2008) (plus de détails sur lui : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Michel_Dubernard).

    Dans un riche dossier de la revue Nexus (septembre-octobre 2009), reprenant cette constatation sous le titre « Pas de preuve scientifique » on ajoute : « mais personne ne semble l’avoir entendu ». Lire cette pertinente analyse faite par AGORAVOX qui en reprend l’info : « Vaccin : ‘Pas de preuve scientifique !’ » (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31102)

    La désinformation qui sert aux intérêts des lobbies pharmaco-industriels a encore de très beaux jours devant elle et ce n’est pas la tonne de dérives sanitaires qui semble mettre quelque frein à ces collusions.
    En revanche, pour ne pas mourir idiot concernant l’effet toxiques des vaccins, surfez sur le site de « Initiative citoyenne » où vous pourrez prendre connaissance d’informations cette fois pertinentes basées sur des études crédibles s(http://www.initiativecitoyenne.be/.

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    • Je ne puis m’associer à votre vision globalisante concernant les vaccins même si, comme vous le soulignez, leur bénéfice est souvent amplifié à tort. Par ailleurs mon billet n’avait pas pour objectif de discuter de la vaccination anti grippale, sujet qui mériterait une analyse en soi.

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  6. Bonjour,

    Merci pour l’article qui permet d’y voir plus clair sur les chiffres et les données de base. L’argument des décès directement imputables à la grippe pour la promotion de la vaccination est donc surestimé et surexploité. Mais comme dans un des précédents commentaires, je me demande s’il n’est pas sous estimé par l’organisme qui comptabilise les certificats, tout simplement à cause des instructions de « remplissage » des formulaires.
    Ma question, c’est surtout de savoir s’il est utile de se faire vacciner et si en me faisant vacciner, je contribue à protéger mes proches (parce que je suis égoïste) et mes concitoyens (parce que je crois aussi à une forme de citoyenneté dans la santé). Mon employeur a proposé à l’ensemble de ses salariés de se faire vacciner gratuitement par la médecine du travail cette année. Je ne suis pas classée à risque – comme indiqué dans la com de l’assurance maladie- mais j’ai une fille de 2 ans, un père diabétique et pas mal de femmes enceintes dans mon entourage… donc j’ai fait le vaccin. Alors, la vaccination contre la grippe, d’utilité publique, ou coup de com’ ? J’imagine que pour mesurer l’efficacité de la vaccination, il faudrait vacciner l’ensemble de la population contre le bon virus, et examiner les chiffres de surmortalité hivernale… ça ne me semble pas gagné !

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    • Comme vous le dites ça n’est pas gagné ! Si vous regardez l’article cité sur le mode de calcul des décès attribuables par l’INVS, vous verrez que les estimations de gains de mortalité sont des estimations basées sur des modèles mathématiques qui quelque part fonctionnent comme vous le dites. En plus compliqué. Le docteur Dupagne a écrit un article sérieux sur ce sujet de la vaccination grippale sur atoute.org que vous devriez trouver facilement

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  7. Pourquoi est-il si difficile d’obtenir des chiffres réels concernant le nombre de décès liés au virus de la grippe et pourquoi les chiffres ne cessent d’augmenter?
    Le réseau civil de surveillance était constitué jusqu’en 2013 par deux entités le réseau Sentinelle qui donnait le nombre de syndromes grippaux ( fièvre supérieure à 39 d’apparition brutale avec myalgies et signes respiratoires) et le réseau GROG qui relevait les IRA ou infections respiratoires aigues ( apparition brutale d’au moins un signe respiratoire et d’au moins un signe systémique évoquant un contexte infectieux aigu. Ces deux réseaux existaient depuis 1984 et reposaient sur des déclarations de médecins civils de ville bénévoles et volontaires.
    Depuis 2014 Les deux réseaux ont fusionné en un réseau Sentinelle. Alors que le réseau GROG privilégiait la spécificité et le réseau Sentinelle la sensibilité, une réflexion a été engagée pour adopter une définition commune au sein du réseau unifié.la définition commune choisie étant à mi chemin entre les IRA et les syndromes grippaux, on ne peut que comprendre le risque d’inflation des grippes estimées mais malheureusement non confirmées.

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  8. A BT
    c’est difficile pour une raison précise, c’est que c’est réellement difficile.
    La question est plutôt: pourquoi fait-on semblant d’avoir une idée assez précise du nombre de décès, alors que cela est impossible car dépendant d’une série d’hypothèses et de choix plus ou moins fondés ou arbitraires.
    Nouvelle tentative pour mettre mon commentaire, sans liens qui ne passent pas.

    J’ai écrit, moi aussi, quelque chose en rapport avec le sujet en août 2009, pendant la fameuse pseudo-pandémie, où je tentais d’expliquer pourquoi cette grippe n’était pas plus dangereuse qu’une autre et pourquoi il ne fallait pas paniquer et plutôt éviter de se faire vacciner avec un vaccin non évalué intitulé « Grippe AH1N1 pandémique et vaccin adjuvanté au squalène, une analyse des risques. »
    J’aurais beaucoup de choses à dire sur cette belle analyse mais je vais me limiter à deux ou trois.
    Le choix d’une cause unique de décès, la cause initiale, aux fins de classification, est un processus très complexe, dès qu’il ne s’agit pas d’une cause évidente et d’un individu en bonne santé, comme cela est très longuement expliqué sur le site du Cepidc http://www.cepidc.inserm.fr/site4/index.php?p=cim9_certificatM .Mais c’est aux fins de classification. Il faut comprendre que la grande majorité des personnes pour lesquelles on mentionne la grippe comme cause de décès ne sont pas mortes directement de la grippe mais de plusieurs causes.
    Voici un exp où la grippe n’est pas retenue comme cause de décès :
    Exemple 9: I (a) Embolie des coronaires
    (b) Artériosclérose du coeur
    (c) Grippe
    Choisir l’artériosclérose du coeur comme cause initiale

    Tout cela est parti du mythe de la grippe espagnole meurtrière.
    Pourtant, on disposait de tous les éléments pour démonter ce mythe
    Le premier à l’avoir fait est le chef épidémiologiste américain, Wade Hamtpn Frost, considéré comme rien moins que le père de l’épidémiologie. Après avoir fait faire une enquête de terrain suite à la grippe espagnole, où des agents interrogèrent plus de 100 000 américains en faisant du porte à porte dans des localités représentatives de la population américaine, il tira les conclusions suivantes :
    • Qu’il n’y avait pas de corrélation entre le taux d’attaque de la grippe (proportion des personnes malades) et la mortalité. Et cela qu’on considère les différents groupes d’âge ou des localités différentes. Le taux d’attaque moyen de la grippe (nombre de personnes infectées par rapport à la population étudiée) était de 28% et variait de 15 à 56% selon les localités.
    • Qu’en revanche, la mortalité était clairement corrélée avec le taux de pneumonie. Le taux de pneumonies variait d’un facteur 5, allant de 5,3 à 24,6 pour 1000. La mortalité par pneumonie étant, de manière constante, de l’ordre de 30% chez les personnes qui en étaient atteintes.

    Donc il concluait que la mortalité de la grippe n’était pas due à la grippe mais à la pneumonie, qui en est une complication chez les personnes fragiles. Or, les populations étaient fragilisées par la guerre, par la malnutrition, et la pneumonie était d’autant plus facilement transmise que la vie militaire favorisait la promiscuité.
    Une autre hypothèse est le rôle concomitant de la tuberculose. C’est une maladie subaigüe qui était la principale cause de mortalité en France à l’époque chez les hommes jeunes et le pic de mortalité par tuberculose qui a été constaté au moment de la grippe espagnole en Angleterre et au Pays de Gales était deux fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes [twentieth century mortality trends in England and Wales : » The mortality rate for males during the peak
    in 1918 was double that for females (263 and 132 per 100,000 respectively) ».].

    Mais une autre question importante soulevée par l’analyse est la question de la manière dont est modulée, ou, plus exactement, manipulée, l’information transmise au public et aux médecins.

    Quand on se plonge dans les rapports traitant de sujets médicaux divers et variés on se rend compte que la réalité qu’ils décrivent est nuancée, relativement complexe mais non inintelligible. Elle pourrait être expliquée aux médecins et au public avec ses nuances et les doutes que cette réalité complexe implique.

    Mais plus on se rapproche de formats destinés à l’information directe des médecins ou du public plus on donne dans la simplification. Au point que les messages finalement transmis à la population ne sont pas seulement « simplifiés » mais simplistes. On a perdu une part essentielle de l’information en cours de route.

    Parce que plus on s’éloigne de ceux qui font un travail de terrain et plus on s’approche de l’interface autorités/ public, plus l’information délivrée est régie par des objectifs politiques, c’est-à-dire qu’elle vise à orienter les comportements en fonction d’objectifs prédéfinis jugés à priori bons pour la population par les autorités.

    Cela contribue à édifier l’ignorance médicale et scientifique généralisée parce que la vision de la médecine et les mythes médicaux sont bâtis sur ces processus.

    La seule manière de les contourner c’est de se plonger dans les rapports , d’aller chercher les documents là où ils se trouvent et de faire un travail critique. Exactement comme vous l’avez fait.

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  9. « Cela contribue à édifier l’ignorance médicale et scientifique généralisée parce que la vision de la médecine et les mythes médicaux sont bâtis sur ces processus. La seule manière de les contourner c’est de se plonger dans les rapports, d’aller chercher les documents là où ils se trouvent et de faire un travail critique. Exactement comme vous l’avez fait », relevez-vous. Cependant c’est faux : pas d’examen critique en PROFONDEUR, car personne d’autre que moi ci ne prend en compte (voir plus bas) le fait qu’il n’y a aucune preuve de l’utilité des vaccins (cela a été acté en toutes lettres par le sénat français le 6 juin 2007 http://www.senat.fr/bulletin/20070604/sante.html) !

    Le suprême mythe est donc de vouloir encore recourir à ce pseudo traitement et par ailleurs aux effets secondaires parfois mortifères !!! Peu de gens savent que la prétendue efficacité des vaccins mis au point par Pasteur (sur base de la fabrication d’anticorps) était dû à l’adjonction qu’il avait parfaitement tue d’aluminium.

    Par rapport à la fabrication artificielle d’anticorps et leur prétendue utilité (non prouvée) contre le virus, voici comment les pseudo-scientifiques qui prétendant que les vaccins sont efficaces inversent la chaîne temporelle du processus : « […] le dogme vaccinal ne tient pas compte de la réalité, et ne s’appuie que sur des hypothèses en supposant que le déclenchement artificiel du système immunitaire pour le forcer à produire des anticorps est équivalent au développement d’anticorps du processus naturel de la maladie, ce qui n’est pas le cas. En réalité, aucune étude n’a été faite sur l’état du système immunitaire après la vaccination. Comme le disait le Dr Jacques M. Kalmar : « On pourrait comparer le système immunitaire à un clavier de piano. La partie antigènes anticorps représenterait une seule touche ». » (http://www.sylviesimonrevelations.com/article-les-anticorps-117829813.html)

    Exemple et non des moindres d’effets très nocifs : tous ceux qui prétendent (dogmatiquement) que l’aluminium vaccinal est sans danger feraient bien de s’intéresser aux travaux du Pr Romain Ghérardi directeur de l’Unité INSERM U955 E10 de l’Université Paris-Est « Interactions cellulaires dans le système neuromusculaire » ; il est le chef du service d’Histologie-Embryologie de l’hôpital Henri Mondor (Créteil), centre de référence des maladies neuromusculaires et est un spécialiste des maladies neuromusculaires. Il est diplômé en neurologie et en pathologie, et Professeur des Universités – Praticien hospitalier depuis 1990. (https://www.vaccinssansaluminium.org/biographie-gherardi/).

    Voici le lien vers l’intervention très circonstanciée de ce courageux professeur sur France Culture (17/12/2016) au sujet de ses découvertes sur l’aluminium vaccinal. Voir son livre « Tonic story – 2 ou 3 vérités embarrassantes sur les adjuvants des vaccins » (Ed.. Actes Sud). Tout esprit scientifique sincère et non dogmatique ne pourra qu’être effaré devant une telle inconséquence du milieu dit ‘médical scientifique’ et qualifiable sans hésitation ni exagération, de criminelle : https://www.youtube.com/watch?v=JpxJUC7gh3U / Son intervention à l’Assemblée nationale le 22 mai 2016 (vidéo) lors d’un colloque portant sur les dangers de l’aluminium vaccinal. (https://www.youtube.com/watch?v=EB945DZqxz4

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      • Dans le chapeau de l’article on peut lire : « C’est également le parti pris par le HSCP (Haut Conseil de la Santé Publique) qui fait le tour de force, dans son rapport sur la grippe et la VACCINATION de 2014, de ne citer aucun chiffre de mortalité de la grippe en France ». Plus bas on lit : » Et du coup François Bourdillon, le Directeur de cet institut prend la plume dans un vibrant éditorial en faveur de la VACCINATION […] ». Plus bas encore : « Mais il est bon de ressortir ce chiffre chaque fois que l’on veut encourager les campagnes de VACCINATION » et « Et là je tombe sur ce rapport qui essaye de calculer combien de morts on pourrait éviter si toutes les personnes à risque étaient VACCINÉES » (Mises en majuscules ajoutées).

        Contrairement à ce que vous affirmez (dans un but manifeste mais piège dans lequel je ne tomberai pas), le sujet des statistiques étant bien lié (quatre fois au moins dans l’article), je reste donc dans le sujet quand le parle de la vaccination (et son dogme et dès lors, comme le faisait remarquer le Pr Jacqueline Bousquet (CNRS) (http://www.sfr.fr/fermeture-des-pages-perso.html), la vaccination est un acte antiscientifique s’il en est , car comme le relevait arguments scientifiques à l’appui Sylvie Simon dans son livre, Vaccins, mensonge et propagande, « nous voyons bien avec ces notions, que les virus et autres prétendus prédateurs ne sont pas des agresseurs, mais des témoins de l’état du terrain du malade. Il est donc vain et antiscientifique de vouloir et prétendre « immuniser » dans ces conditions. » http://www.sylviesimonrevelations.com/article-vaccins-mensonges-et-propagande-60828244.html)

        Piège en question : prétendant rester dans le sujet ( ce qui est donc fallacieux comme démontré), il ne sert donc à rien d’esquiver la réflexion à propos du dogme vaccinal (auquel tous les intervenants sauf moi ici) adhèrent inconditionnellement et oserai-je dire infantilement car le médicalement correct l’impose autoritairement comme une vérité révélée !

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  10. Bonjour,
    Votre discussion est intéressante mais je suis surprise de constater que votre lien évoquant l’article du Monde renvoie sur le site de france info 24. En outre, la citation que vous nous attribuez est mal recopiée: vous évoquez une surmortalité en 2015-2016 alors que nous avons écrit: « à l’hiver 2014-2015, l’épidémie avait conduit à une surmortalité de 18300 personnes, dont 90% chez des plus de 65 ans », cordialement.

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    • Désolé il y a eu une erreur de manip et j’ai remis le bon lien. Et corrigé l’année citée. Il n’en reste pas moins que le sens de la phrase reste strictement le même à savoir que l’on attribue à l’épidémie 18300 morts

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  11. Sujet passionnant!
    Mais avant de mettre en cause le sérieux du Monde, peut-être auriez-vous pu vous assurer que les erreurs que vous lui attribuez lui sont imputables: le lien censé renvoyer au monde.fr aboutit sur le site de Franceinfo.24.
    L’article que nous avons consacré à la vulnérabilité des personnes âgées face à la grippe citait bien des chiffres de 2014-2015:
    http://abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2017/01/09/grippe-les-seniors-en-premiere-ligne_5059931_1650684.html
    Bien cordialement,
    Hervé Morin (Cahier Science&Médecine, Le Monde)

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  12. Ping : Pourquoi les chiffres de mortalité gripp...

  13. Merci d’avoir corrigé vos coquilles. De notre côté, suite à votre remarque, nous avons adapté la version en ligne pour stipuler que l’épidémie de grippe avait contribué largement à la surmortalité de 18300 personnes en France. Nous enquêtons sur ce sujet.

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  14. Ping : Grippe : l’urgence est… l’arrêt de travail – Cris et Chuchotements Médicaux

  15. Ping : [Fil d’Actu #54] Grippe et hôpital, Auchan & Trump | VidShaker

  16. Un élément qui manque à toutes ces discussions est l’absence de fiabilité des mentions relatives aux causes de mort portées sur les certificats de décès. Pendant la plus grande partie de ma vie professionnelle, j’ai pratiqué de façon quasi-systématique l’autopsie des patients décédés dans un important service hospitalo-universitaire. Une règle absurde voulait que la « feuille bleue » mentionnant la cause du décès et destinée à la statistique, remplie et signée le plus souvent par l’interne, fut visée par l’administration avant que celle-ci ne donne l’autorisation de pratiquer l’autopsie. Une discordance entre le diagnostic « statistique » et le diagnostic vérifié par l’autopsie était très fréquente, même dans les conditions optimales d’un service hospitalo-universitaire, ce qui jette un doute général sur la validité des statistiques de cause de mort, reflets non des faits, mais des opinions des signataires. « Garbage in, garbage out ».

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      • Manque de fiabilité des statistiques : ce qui rejoint ce qu’a relevé cette source toute scientifique et relayée par la bible des publications scientifiques (Pub Med) qui fait le constat suivant et notamment pour les études épidémiologiques en question : « Pourquoi la plupart des conclusions des recherches scientifiques publiées sont fausses » (« Why Most Published Research Findings Are False » Extrait : « Les réfutations d’études et les controverses (autour des résultats d’études) sont constatées parmi tous les types de recherches, des essais cliniques et des études épidémiologiques traditionnelles jusqu’aux recherches molécules les plus modernes. La préoccupation est en train de montrer que dans la recherche moderne, les fausses découvertes sont la majorité ou même la grande majorité des allégations publiées. Cependant, cela n’est pas étonnant. Il peut être prouvé que la plupart des découvertes prétendument faites par les chercheurs sont fausses. » cf. http://www.retrouversonnord.be/Epistemologie_des_sciences.htm#recherches).

        Dire que la science médicale prétend activer l’evidence-based-medicine (médecine basée du des preuves) mais de quelles preuves s’agit-il donc ! De plus, comme le fait remarquer cet éminent professeur de l’université de Lausanne, Nicolas Duruz dans sa conclusion d’un long article superbement argumenté et nuancé (« Prouver à tout prix l’efficacité de la psychothérapie : enjeux scientifiques et politiques » sur http://squiggle.be/PDF_Matiere/Duruz.pdf « Il ne faut pas être plus royaliste de que le roi : de différentes enquêtes internationales, il ressort que seulement 10 à 20% des actes en médecine sont prouvés efficaces selon l’evidence-based-medicine » !!!

        La vaccination fait donc partie des 80 à 90% des actes médicaux qui ne sont pas basés sur l’evidence-based-medicine mais cela ne dérange en rien les trop nombreux membres du corps médical qui y adhèrent religieusement.

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